Savez-vous exactement ce que représente le terroir ? Celui-ci ne doit pas être issu d’un imaginaire et conçu comme un concept vieillissant n’ayant pas sa place dans notre monde contemporain. Il n’est pas une somme d’us et coutumes archaïques que l’on conservent seulement pour le « devoir de mémoire ».

Non, le terroir est premièrement le sol sur lequel nous vivons. Tu l’auras bien compris, chaque terre comporte son propre terroir. Il est la somme de tous les éléments, végétaux, minéraux, animaux, vivants depuis des temps immémoriaux sur un territoire.

D’ailleurs le mot « terroir » prend sa racine dans le mot latin populaire terratorium, altération du latin classique territorium « territoire », d’après terra « terre ».

  • Un terroir définit les critères physiques, chimiques et biologiques les plus importants dans la définition d’un sol.
  • C’est le support de développement des pratiques culturales respectueuses de ces caractéristiques.

Celles-ci sont le résultat d’expériences qui ont été répétées, améliorées et suivis de résultats palpables. C’est ainsi que ces pratiques ont traversées les âges. S’appuyer sur ces « façon de faire » qui ont été créées par le temps est un solide socle sur lequel se reposer. Sachant que les traditions sont dépendantes d’un lieu, il paraît improbable d’en prendre certaines pour les appliquer dans un autre.

Tout est interdépendant, il faut donc connaître les raisons pour lesquelles ces pratiques ont pris naissance dans un espace et non un autre.

Assistanat, autonomie et terroir

 

Chaque terroir produit des végétaux, des animaux et des énergies spécifiques à la nature qui s’y trouve. Tu n’auras jamais l’idée de faire pousser une mangue en pleine terre et à l’air libre à Strasbourg ? Certains pourtant, font pousser des tomates de janvier à décembre sur des hectares et des hectares de serre, sur la même terre en recréant un climat « favorable » à sa culture.

Ce système est dépendant de sources externes pour se développer puisque les serres doivent être chauffées, l’eau doit être apportée, et la lutte aux ravageurs quelle soit biologique ou chimique est quotidienne puisque la nature ne connais pas la monoculture… Quelle énergie dépensée pour cultiver des tomates !

Le plus absurde dans tout cela, est la pauvreté qualitative du produit et le rendement pas si intéressant qu’il génère. C’est alors que les subventions nationales et européennes rentrent en jeu pour permettre à ses cultivateurs  biologiques ou non de sortir la tête de l’eau. C’est une lutte qui finira par l’appauvrissement des sols car dans ce système anti-terroir et anti-vie, le sol est considéré comme un objet et non un organisme vivant. Se référer au terroir et donc à son sol c’est d’abord se poser et observer. C’est accroître sa connaissance sur notre lieu de vie afin d’être plus respectueux et ainsi augmenter sa productivité en co-création avec la nature et non contre elle.

Le savoir permet de se libérer de certaines contingences qui auraient été obligatoires dans un système conventionnel. En remplaçant la lecture et la formation par nombre de produits phyto-chimiques on permet à la nature de se régénérer, on se permet d’être plus autonome et on découvre avec stupéfaction l’abondance de la Terre.

La permaculture

 

Ce mot est grandement utilisé en agriculture mais la permaculture est un concept global. Il peut ainsi s’appliquer dans de vastes champs d’application. Comme la naturopathie, c’est un concept holistique qui reconnaît que toute chose est interdépendante d’autres facteurs et que le tout est supérieure à la somme des parties. La permaculture est une manière de penser éthique et écologique :

  • Elle entre dans un cadre de relations positives vis à vis du vivant.
  • Elle essais de créer des cercles vertueux et résilients.
  • Elle fait primer la diversité tant relationnelle qu’écosystémique.

C’est en cela que la permaculture peut nous aider à valoriser notre terroir. Bill Mollison, un des fondateurs de la permaculture définissait celle-ci comme :

« Une démarche de conception éthique visant à construire des habitats humains durables en imitant le fonctionnement de la nature. »

En agriculture, la permaculture est utilisée comme une technique permettant d’accroître la productivité d’une terre. Elle permet de retrouver un sol vivant et une co-habitation harmonieuse avec l’écosystème du terroir. La permaculture est très conceptuelle et le design est un préalable à tout projet.

Dans cette nouvelle optique, « le temps de travail du XIXème siècle et la mécanisation du XXème siècle est remplacé par la conception et la connaissance des intéractions biologiques XXIème siècle ».

Ainsi, le traditionnel champ de blé, champ de pommier ou champ de laitue est remplacé par un écosystème complexe où interagissent de nombreuses espèces végétales et animales. Cette diversité permet la résilience du lieu et enrichi l’écosystème. Ce n’est pas une utopie car de nombreuses études sont en cours pour prouver l’intérêt de cette nouvelle agriculture « bio-logique ». La ferme du Bec Hellouin a été un précurseur en France et celle de Jean-Martin Fortier avec « les jardins de la grelinette » au Canada. Des fermes comme celle de Sepp Holzer le « Le Krameterhof «  en Autriche ont fait preuve d’innovations avant même que le mot « permaculture » soit créé par deux australiens, Bill Mollison et David Holmgren.

Ce sujet fera l’objet d’un article plus conséquent car il est si vaste qu’un paragraphe n’est pas suffisant !

 

Pourquoi revenir au terroir est une avancée ?

 

Dans une planète finie, nous ne pouvons avoir des ressources infinies. Tout vie, tout meurt, tout se développe, tout disparaît…

Il faudrait 3 planètes pour subvenir aux besoins d’un pays comme la France, 5,2 planètes pour les australiens et 5 planètes pour les États-Unis ! Penses-tu réellement que cette situation pourra perdurer durant des centaines d’années ?

Cela fait seulement 150 ans que nos émissions sont exponentielles de telles façon que l’année dernière nous avions consommé en août la totalité des ressources disponibles pour l’année ! À l’échelle de l’univers, nous ne sont qu’une trace, un instant, si court ! Et nous voudrions donc révolutionner l’Histoire avec nos si « performants » cerveaux ? Quelle prétention ! La nature ne nous a pas attendu afin de poursuivre son Histoire. Nous sommes des passagers, au lieu d’exploiter nous devrions cultiver. Le mot cultiver vient du mot latin cultura qui veut signifie « le soin que l’on donne à la terre, et l’attention que l’on donne à l’esprit. »

Avons-nous oublié d’où nous venons ? Nous nous sommes dotés d’un cerveau afin de permettre notre survie qui aurait été compromis vu notre taille et notre vulnérabilité. Arrêtons de vouloir se protéger ! De plus en plus de personnes souhaitent un retour à la nature, une vie plus authentique, plus en accord avec l’essentiel. Ce retour à la nature est possible. Les végétaux et les animaux ne condamnent pas, ils ne blâment pas. Accorde-lui de l’attention, préserve-la et elle te le rendra au centuple. La nature donne inconditionnellement.

L'importance du terroir... de l'assistanat à l'autonomie

Ce nouveau mode de vie permet une autonomie qui nous détourne du système actuel. Celui-ci spécialise de plus en plus les méthodes et les techniques qui sont pris en otage par quelques intellectuels et ingénieurs. Ceux-ci sont à leur tour pris en otage car les échanges entre les différentes spécialités et domaines sont de plus en plus compliqués. Personnes ne peut être à la fois, astronome, philosophe, biologiste et ouvrier avec le niveau de connaissance actuel.

Un sujet plus préoccupant : une majeure partie de la population n’a pas su garder les connaissances et savoir-faires ancestraux. Ainsi, nous dépendons de tête pensante à notre place et de mécanicien à même de nous régler certains problèmes auxquels nous sommes confrontés quotidiennement. Essaye de réparer une voiture dernier cri si tu n’es pas du métier… ce n’est pas comme changer une ampoule ! Tente de réparer ta machine à laver, ton PC… tout cela demande une technicité énorme ! Même si certains y arrive, avoue que cela deviens de plus en plus complexe. Nous tendons donc à un assistanat de plus en plus grand.

Revenir au terroir permet donc d’être plus autonome. il ne s’agit pas de vivre en autarcie mais bien de se rapproprier certains domaine afin d’être plus en cohérence. L’avenir grâce à des techniques comme la permaculture en agriculture permet de créer des lieux résilients, donc plus résistants. Cette vie permet aussi de se dégager du temps, d’avoir un cadre de vie sain et donc de se constituer une hygiène de vie globale plus en cohérence avec notre nature essentielle.

L’autonomie

 

Un retour à l’autonomie est possible seulement et seulement si nous reconsidérons nos besoins. Quels sont nos besoins essentiels ?

Certains sont communs à tous d’autres sont plus des aspirations que de réels besoins d’autres ne sont que des futilités si nous réfléchissons longuement. Nous avons été formaté à une vie et cela est peut-être difficile de les reconnaître. Enfin, la dernière étape sera de laisser aller certaines de ces couches qui ont recouvert notre être essentiel. Au-delà d’un but écologique, c’est un but personnel et social que de revenir à l’essentiel.

MANGER – BOIRE – DORMIR – SE REPRODUIRE – ÉCHANGER –   voilà les 5 besoins essentiels de notre existence.

Comme je te l’ai dit, le but n’est pas de vivre en autarcie mais créer une réelle indépendance face aux grandes institutions. Le changement viendra de l’individu et non des organismes étatiques.

Fais plus de bien et pas moins de mal !

 

Il ne s’agit pas de moins faire de dégât mais de réellement changer positivement son impact sur notre environnement. Comme en psychologie positive, affirmer quelque chose de positif, créer un réel changement alors que la forme négative contribue au maintien de l’objet de la négation. (article sur la pensée positive ici)

« Je souhaiterai avoir un impact moins désastreux pour la Terre ! »

VS

« Mes actes sont plus vertueux de jour en jour pour la Terre, pour moi et mon entourage ! »

Cette dernière est un bel exemple d’affirmation positive, je parle au présent avec une notion de progressivité dans le temps, je parle aussi de moi, de mon environnement et d’une dimension plus grande que moi, la Terre.

C’est aussi privilégié les produits du terroir donc l’agriculture local et les produits de nos régions. Quelques-uns des bénéfices :

  • Redistribution de l’argent aux productions locales pour soutenir ses activités
  • Baisse des transports de marchandises et donc de la pollution
  • Conservation du patrimoine local végétal, animal et culturel
  • création de liens sur un territoire
  • connaissance du producteur et possible visite de l’exploitation
  • c’est se faire du bien ! Découvre ici pourquoi -> Les 10 commandements d’une alimentation saine 

 

 

En fait, s’allier à son terroir, c’est reprendre sa vie en main, se responsabiliser et avoir conscience de chacun de ses actes. Ne pas se blâmer mais essayer de changer positivement sa vie pour que la somme de nos gestes permette un changement global.

 

Lumineusement,

Alizée

 

Sources & photos :

Photo by Sam Carter on Unsplash (couverture) & Photo by Gabriel Jimenez on Unsplash

http://www.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/40322-ecologie-faudrait-planetes-humanite-hommes-vivaient-comme.html

https://www.permaculturedesign.fr

http://lagrelinette.com

http://www.krameterhof.at

https://sites.google.com/site/etymologielatingrec/home/c/culture

%d blogueurs aiment cette page :